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Réflexions sur le discours tenu aux enfants en matière d’éducation à la sexualité

Et le droit dans tout ça ?

Une chronique présentée chaque semaine par Juristes pour l’enfance sur Radio Espérance Présentée par Aude Mirkovic et Olivia Sarton, le lundi à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)

Chronique du 29 janvier 2024 : revoir le discours tenu aux enfants en matière d’éducation à la sexualité

Ecouter sur radio Espérance ICI


Chers amis auditeurs, bonjour, bienvenue dans la chronique de Juristes pour l’enfance, Et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Aude Mirkovic.

La semaine dernière, je vous parlais de ce sujet douloureux des violences sexuelles entre enfants.

J’évoquai en particulier, la part de responsabilité tenue par le discours que reçoivent les enfants à l’école dans le cadre de l’éducation à la sexualité.

Je voudrais aujourd’hui expliquer pourquoi ce discours est inadapté et contribue à la banalisation des violences sexuelles chez les enfants. 

Nous constatons que souvent, l’éducation à la sexualité à l’école incite les jeunes à la consommation sexuelle, avec pour seule limite celle du consentement. Autrement dit, les jeunes apprennent que, en matière de sexualité, tout est permis, du moment que tout le monde est d’accord.

Ce discours est en réalité irresponsable, car il ne tient pas compte du fait que les enfants n’ont pas la capacité psychique de donner un consentement en matière sexuelle, et que cette capacité ne s’acquiert que progressivement chez les adolescents.

La puberté ne coïncide pas avec la maturité psychique en la matière et ce discours, « fais tout ce que tu veux du moment que l’autre, ou les autres, sont d’accord » incite les jeunes à une activité sexuelle dont ils ne peuvent réaliser ni la signification ni la portée et qui peut se révéler traumatique.

Il faut le dire et le redire : le consentement des enfants en matière de sexualité est illusoire : un enfant peut être d’accord, demandeur même, cela ne veut pas dire qu’il donne un consentement en connaissance de cause.

En outre, cet accord, car je ne peux parler ici de consentement, est très souvent contraint par la mode, la pression du qu’en dira-t-on, l’image, la peur de passer pour un raté si on n’a pas d’expérience en la matière, la crainte d’être mis à l’écart d’un groupe, d’être moqué etc. Les jeunes subissent une forme d’injonction sexuelle qui les conduit à une pratique consentie en apparence mais très souvent forcée et, toujours, dont ils ne peuvent réaliser la portée pour eux et pour les autres.

Les psychologues reçoivent aujourd’hui des jeunes de 16 ou 17 ans qui se disent asexuels. Ils sont tout simplement dégoûtés de la sexualité, parfois en grand mal-être intérieur et cela sans comprendre pourquoi car, en apparence, ils n’ont jamais été forcés à rien. Ils pensent, on les a conduits à penser, qu’ils étaient consentants.

Il y a un temps pour tout et respecter le temps de l’enfance, sans vouloir « adultifier » enfants et adolescents sous prétexte d’une autonomie ou d’une liberté mal comprise, voici notre responsabilité d’adultes.

Nous pouvons tous être acteurs car cela ne concerne pas seulement l’éducation à la sexualité à l’école. Cela passe par des gestes très quotidiens comme proposer aux enfants des jeux, des conversations, des films, des activités de leur âge, et les tenir à bonne distance des problématiques d’adultes qui ne les concernent pas.

A la semaine prochaine !

 

Pour en savoir plus sur ce thème de l’éducation à la sexualité voir: 

Education à la sexualité, que dit le droit? Olivia Sarton le 9 février 2024

L’éducation à la sexualité dans le cadre scolaire : état des lieux à fin 2023

 

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