Chronique du 16 février 2026, à écouter sur radio Espérance ICI
Chers amis auditeurs, bonjour, bienvenue dans la chronique des Juristes pour l’enfance, Et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Olivia Sarton.
En ce début d’année, deux grandes organisations médicales américaines, l’American Medical Association et l’American Society of Plastic Surgeon ont officiellement pris position contre les interventions dites de transition de genre chez les adolescents, en recommandant de reporter ces interventions jusqu’à au moins 19 ans[1].
Ces déclarations majeures interviennent alors qu’un tribunal de l’Etat de New York vient de prononcer une première condamnation judiciaire pour faute professionnelle à l’encontre de deux professionnels de santé, un psychologue et un chirurgien, qui avaient orienté une jeune fille souffrant de mal-être et de problèmes psychiques, vers une transition sociale puis médicale avec la réalisation d’une mastectomie alors qu’elle était âgée de 16 ans[2].
Début février, l’American Society of Plastic Surgeon (ASPS) a déclaré que » A la lumière de publications récentes rapportant une certitude très faible des preuves concernant les résultats en santé mentale, ainsi que des préoccupations émergentes sur les risques potentiels à long terme et le caractère irréversible des interventions chirurgicales chez une population en développement, l’ASPS conclut qu’il existe des preuves insuffisantes pour démontrer un ratio bénéfice/risque favorable pour le parcours d’interventions endocriniennes et chirurgicales liées au genre chez les enfants et adolescents. »
L’ASPS recommande donc en conséquence que les chirurgiens reportent les interventions chirurgicales, c’est-à-dire réalisées sur le thorax, la poitrine, les organes génitaux et le visage — jusqu’à ce que le patient ait au moins 19 ans.
L’association a pris soin, dans sa déclaration, de développer les arguments justifiant ses réserves. Celles-ci sont valables aussi bien pour les opérations chirurgicales que pour l’administration de bloqueurs de puberté et d’hormones du sexe opposé pour les enfants et les adolescents en questionnement de genre.
L’ASPS réaffirme un principe fondamental : les traitements médicaux doivent viser l’amélioration de la santé et ne sauraient répondre uniquement à une demande de patients. Elle met en garde enfin contre l’argument selon lequel le refus d’interventions dites d’affirmation de genre conduirait au suicide, estimant que les données disponibles ne permettent pas d’établir une telle relation causale.
La position adoptée par l’ASPS ne signifie pas que les personnes seront laissées sans soin. Toute la question porte sur quels types de soins peuvent leur être prodigués. Des scientifiques en Grande Bretagne appellent à re-psychopathologiser la volonté de transitionner médicalement. Ils appellent à reconnaître à nouveau cette pathologie comme un trouble mental nécessitant une prise en charge psychosociale[3].
C’est ce que Juristes pour l’enfance demande pour la prise en charge des enfants et des adolescents en questionnement de genre. La semaine dernière, nous avons transmis ces récentes informations à la Haute Autorité de santé qui devrait bientôt commencer ses travaux d’élaboration de recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge des enfants en questionnement de genre. Nous poursuivrons nos actions jusqu’à ce que cette institution se décide à tenir compte des données qui s’accumulent pour informer objectivement les médecins et publier des recommandations de bonne pratique qui résistent à l’idéologie actuelle.
A la semaine prochaine !
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Et le droit dans tout ça ?
Une chronique de Juristes pour l’enfance présentée chaque lundi sur Radio Espérance, par Olivia Sarton, Matthieu le Tourneur et Aude Mirkovic, à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)
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[1] https://www.plasticsurgery.org/documents/health-policy/positions/2026-gender-surgery-children-adolescents.pdf
[2] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/transition-de-genre-deux-medecins-americains-condamnes-pour-l-ablation-des-seins-d-une-adolescente-20260203
[3] https://genspect.org/restoring-clinical-clarity-on-gender-distress/