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Lutte contre le harcèlement scolaire

Et le droit dans tout ça ? Une chronique présentée chaque semaine par Juristes pour l’enfance sur Radio Espérance

Présentée par Aude Mirkovic et Olivia Sarton, le lundi à 8h00, 12h45 et 19h20  (durée 3 minutes)

Emission du 12 février 2024 à écouter ici : Lutte contre le harcèlement scolaire

 

Chiffres du harcèlement scolaire

19 % des élèves seraient victimes de harcèlement scolaire selon une étude Ifop d’octobre 2023, ce qui témoigne d’une dégradation par rapport aux chiffres publiés par le Sénat en 2021, qui faisait état de 6 à 10% des élèves harcelés.

Le harcèlement a toujours existé, mais il est amplifié aujourd’hui par le cyberharcèlement et par l’absence généralisée de limites posées aux enfants.

 

Mesures répressives créées par la loi

Depuis une loi du 22 mars 2022, des mesures spécifiques ont été adoptées pour lutter contre le harcèlement dans le cadre scolaire : sont prévues des sanctions pénales, la confiscation des outils ayant servi au harcèlement, ou encore l’obligation de réaliser un stage de formation civique ou de citoyenneté. Des interpellations spectaculaires d’élèves suspectés de harcèlement ont eu lieu dans quelques établissements scolaires. Mais, comme pour tout ce qui concerne les enfants, les mesures répressives ne sont pas satisfaisantes, ce sont les mesures préventives et celles qui responsabilisent qui sont les meilleures.

 

Un protocole de résolution innovant

Ainsi, des établissements bretons ont importé un protocole très intéressant originaire de Suède, appelé la Méthode de la préoccupation partagée (MPP). Ce protocole consiste à rechercher avec les élèves prenant part au harcèlement, la façon de sortir leur victime de cette situation. Ils sont donc associés à la recherche de solution pour la victime qui est tenue au courant par les adultes.

On retrouve la même intuition que celle développée dans la justice restaurative ; si vous ne connaissez pas ce modèle de réparation en matière pénale, je vous conseille de voir le très beau film « Je verrai toujours vos visages » qui vous la présentera : l’intuition est de faire prendre conscience à l’auteur de la mesure des faits commis et de leurs conséquences.

Et cela fonctionne : en effet bien souvent, les enfants ou jeunes harceleurs ne se rendent pas compte de la cruauté de leurs actes ou de leurs paroles, ils n’en mesurent pas leurs effets, et ne voient pas comment mettre un terme à la situation délétère qu’ils ont créée. Des analyses psy dans les dossiers judiciaires montre que l’accès des enfants à des contenus violents sur les réseaux sociaux, dans les films, ou leur exposition à de la violence dans le cadre familial, complique la mise en place de l’empathie. Les jeunes harcèlent, sans savoir ce qu’ils font.  La méthode de préoccupation partagée, dans 90 % des cas, permet de faire cesser le harcèlement, parce qu’elle associe l’élève coupable à la solution mais aussi certainement parce qu’elle lui permet de prendre conscience des dégâts commis.

Lorsque, malgré les mesures prises, le harcèlement ne cesse pas, il est possible depuis un décret d’août 2023 d’obtenir le changement d’établissement scolaire non pas de la petite victime, comme c’était le cas jusqu’à maintenant, ce qui lui imposait ainsi une double peine, mais le changement de l’élève harceleur.

 

Une autre piste : éloigner les enfants des réseaux sociaux !

Le changement d’établissement de l’élève harceleur ne suffit malheureusement pas toujours puisque le harcèlement se poursuit parfois via les réseaux sociaux. Alors une des meilleures préventions possibles est sans nul doute de tenir les enfants éloignés le plus longtemps possible de ces réseaux, si possible au moins jusqu’à l’âge de la majorité numérique fixée à 15 ans par une loi du 7 juillet 2023.

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