1ères recommandations de l’OMS sur l’infertilité : et les méthodes naturelles de restauration de la fertilité ?

Chronique du 19 janvier 2026, à écouter sur radio Espérance ICI

 

Chers amis auditeurs bonjour, bienvenue dans la chronique de Juristes pour l’enfance, et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Aude Mirkovic.

Savez-vous que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a publié ses premières recommandations relatives à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’infertilité ? Ceci s’est passé le 28 novembre dernier, et il est temps d’en dire un mot (ICI).

L’infertilité est une question de santé publique dès lors que, selon le directeur général de l’OMS [le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus], elle touche une personne sur six en âge de procréer.

Ces recommandations de l’OMS sont l’occasion de quelques commentaires : on s’étonne que les méthodes de restauration naturelle de la fertilité ne soient pas mentionnées comme une des solutions à l’infertilité et, notamment, une alternative possible à la procréation médicalement assistée (PMA).

Par exemple, la naprotechnologie, qui est une prise en charge naturelle pour restaurer la fertilité, fondée sur la connaissance précise du cycle féminin complétée par un suivi médical classique [en savoir plus sur la Napro ICI].

Ou encore, la méthode de l’ovulation Billings, reconnue par l’ONU et par l’OMS (voir ICI), qui aide également les couples en désir d’enfant : la dernière étude clinique révèle que 62.5 % des couples qui n’arrivaient pas à concevoir depuis plus d’un an ont réussi en 4.5 mois en moyenne après avoir appris la méthode Billings (lien vers l’étude ICI).

Ces prises en charge permettent d’obtenir des résultats, tout en épargnant aux femmes et aux enfants les nombreux inconvénients liés à la PMA, médicaux comme juridiques. J’en donne seulement quelques exemples :

➡ tout d’abord, le recours à la FIV [fécondation in vitro] expose les femmes et aussi les enfants qui en sont issus à des risques médicaux importants [voir encart ci-dessous] ;

➡ ensuite, la congélation des embryons appelle de nombreuses réserves, et cette pratique s’apparente à un traitement inhumain et dégradant, contraire à la dignité humaine ;

➡ encore la PMA avec donneur expose les enfants à des troubles dans leurs conditions d’existence, et méconnait leur droit à la filiation [droit pour tout enfant, dans la mesure du possible, de connaitre ses parents et d’être élevé par eux, proclamé par l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) de l’ONU, texte international pourtant le plus ratifié au monde].

Alors que faire : si vous êtes concerné par l’infertilité, pour vous-même ou quelqu’un de votre entourage, vous pouvez vous renseigner sur les méthodes de restauration naturelle de la fertilité, sur la page de cette chronique sur notre site www.juristespourlenfance.com

En outre, le processus de révision de la loi de bioéthique va se déployer en 2026,  et notre association porte dans le débat législatif les propositions suivantes : 

➡️ La fin à la congélation des embryons, qui pourrait parfaitement être remplacée par la généralisation de la conservation des gamètes.

➡️ La prise au sérieux des droits de l’enfant dans la PMA et notamment la PMA avec donneur et la PMA pour les femmes seules, en vue de l’abandon à terme de ces pratiques.

Si vous partagez ces propositions, vous pouvez d’ores et déjà les transmettre à votre député !

 

Les risques résultant de la PMA pour les femmes et les enfants

  1. Risques médicaux pour les enfants issus d’une fécondation in vitro

Un nombre important d’études scientifiques font état de risques médicaux accrus chez les enfants conçus en laboratoire en comparaison des fécondations naturelles : 

  • un risque plus élevé de troubles périnataux, d’anomalies congénitales et de désordres épigénétiques ; 
  • des scores de QI inférieurs, une plus faible capacité motrice, de développement locomoteur et de compétence du langage réceptif ont été mis en évidence ;
  • les enfants nés par ICSI présentent un risque d’autisme plus élevé que la population en général. 

(Source: Laetitia Pouliquen, « Quand la PMA sera un problème de santé publique », ICI).

Cette augmentation des risques de pathologies pour les enfants conçus par PMA pourrait résulter notamment du stress cellulaire occasionné par la manipulation in vitro, dans un environnement très différent de « l’environnement naturel : gaz, lumière, mouvements, température, nutriments, sentiments… alors que tous ces aspects sont très importants au niveau épigénétique » (PMA, loi bioéthique : les apprentis sorciers – Le Samedi Politique avec le Dr. A. Henrion-Caude, ICI).

  • On relève encore une légère augmentation du risque de leucémie (sourceICI) et un risque modéré de troubles cardiovasculaires: une augmentation légère de la pression artérielle est observée et pourrait être associée à l’âge adulte à l’hypertension artérielle et à des maladies cardiovasculaires (sourceICI). 
  1. Risques pour les enfants issus d’une PMA avec don de gamètes

Le 22 avril 2022, le Journal of Developmental Origins of Health and Disease a publié une étude menée par Damian H. Adams, Adam Gerace, Michael J. Davies, Sheryl de Lacey intitulée « Self-reported mental health status of donor sperm-conceived adults” (ICI)

Résultat : les adultes conçus avec un don de sperme ont: 

o Plus de risques d’avoir un diagnostic de TDAH (p=0,004)

o Plus de diagnostics d’autisme (p=0,044)

o Plus souvent consulté un professionnel de santé mentale (p<0,001)

o Plus de problèmes liés à leur identité (p<0,001)

o Plus de troubles de l’apprentissage (p<0,001)

o Plus de problèmes de dépendance à l’alcool ou aux drogues (p=0,037)

o Un niveau de stress global plus élevé (p=0,013)

Conclusion : Tous ces résultats sont statistiquement significatifs (p < 0,05), ce qui indique que les différences observées ne sont probablement pas dues au hasard.

Etude « My Dady’s name is donnor » (ICI)

Résultats :

o 65 % des personnes estiment que « mon donneur est la moitié de ce que je suis ».

o 46 % craignent d’avoir des relations intimes sans le savoir avec une proche génétique. 

o 44 % ont vécu au moins un changement familial (divorce, remariage) avant 16 ans. 

Comparatifs notables :

o Problèmes avec la loi 2× plus fréquents ; 

o Dépression 1,5× plus haute ; 

o Toxicomanie 2× plus élevée que les individus élevés par leurs parents biologiques.

  1. Risques médicaux pour les femmes qui subissent une ponction d’ovocytes

Les femmes qui subissent une ponction d’ovocytes sont exposées à certains risques, principalement liés à la stimulation ovarienne, à la ponction ovocytaire et, en cas de grossesse, à des complications un peu plus fréquentes que dans les grossesses spontanées. Pour autant, lorsque l’on regarde les campagnes de promotion de la PMA, ces risques sont rarement ou insuffisamment diffusés.

  • Syndrome d’hyperstimulation ovarienne : accumulation de liquide dans l’abdomen, troubles respiratoires, risque de thromboses, perturbations électrolytiques, accumulation de liquide dans l’abdomen ou le thorax, déshydratation, troubles de la coagulation, hospitalisation nécessaire

Les centres de PMA utilisent des stratégies pour réduire ce risque mais toutefois sans toujours y parvenir.

  • Ponction ovocytaire réalisée sous anesthésie ou sédation.

Risques possibles : infection pelvienne, saignements internes, lésions accidentelles d’organes voisins (rare mais décrit), complications d’anesthésie, douleurs parfois fortes dans les jours qui suivent.

  • Risques lors d’une grossesse obtenue via une PMA : hypertension gravidique, pré-éclampsie, placenta anormal (prævia, accreta), diabète gestationnel, accouchement prématuré, petit poids de naissance, risque plus élevé de césarienne.
  • La PMA est éprouvante émotionnellement : anxiété, sentiment d’échec, tension dans le couple, fatigue, charge mentale.

Sources : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19929571/

https://www.chc.be/Services/Centre-de-PMA/PMA/Les-traitements-de-PMA/La-fecondation-in-vitro/Les-effets-secondaires?utm

https://www.mdpi.com/2077-0383/14/4/1053/xml?utm_

https://www.chc.be/Services/Centre-de-PMA/PMA/Les-traitements-de-PMA/La-fecondation-in-vitro/Le-deroulement-de-la-grossesse?utm_source=chatgpt.com

A noter que le suivi à long terme (20, 30, 40 ans) reste limité. Beaucoup d’études ont un suivi de 10–20 ans — ce qui est déjà long, mais peut-être insuffisant pour certaines pathologies à évolution lente.

  1. Risques médicaux pour les femmes donneuses de gamètes
  • Risques psychologiques : un questionnement identitaire, des émotions complexes liées au fait d’être génétiquement liée à un enfant qu’elles n’élèveront pas.
  • Risques liés aux prélèvements d’ovocytes : saignements, infection, douleurs abdominales, complications d’anesthésie
  • Syndrome d’hyperstimulation ovarienne : accumulation de liquide dans l’abdomen, troubles respiratoires, risque de thromboses, perturbations électrolytiques, accumulation de liquide dans l’abdomen ou le thorax, déshydratation, troubles de la coagulation, hospitalisation nécessaire
  • Risques d’effets secondaires liés au traitement hormonal : ballonnements, inconfort abdominal, sensation de pression dans le bas-ventre, fatigue, sautes d’humeur, céphalées, nausées légères.

 

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Et le droit dans tout ça ?

Une chronique de Juristes pour l’enfance présentée chaque lundi sur Radio Espérance, par Olivia Sarton, Matthieu le Tourneur et Aude Mirkovic, à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)

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