Stop à l’inaction des pouvoirs publics pour protéger les enfants contre la pédopornographie

Communiqué de presse de Juristes pour l’enfance

Lyon, 4 juin 2026

Juristes pour l’enfance a écrit au Procureur du Tribunal judiciaire de Paris et à l’OFMIN pour demander la mise en œuvre d’une enquête pénale et à tout le moins sociale concernant la situation des mineurs exploités dans la campagne BALENCIAGA « Gift Shop » de 2022 .

Dans cette campagne publicitaire, six jeunes enfants ont été mis en scène dans un univers évoquant la torture et les pratiques sexuelles du BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme). Devant l’émotion bien justifiée de l’opinion publique, la société Balenciaga a retiré la campagne et présenté de vagues excuses, invoquant une erreur.

 

Par la suite, le jury de déontologie publicitaire (organisme d’intérêt général, instance associée de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP)) a estimé dans son avis publié le 6 février 2023  que la campagne de publicité « renvoie sans ambiguïté à une thématique de « bondage » et de jeux sexuels potentiellement violents. Cette représentation induit l’idée qu’un enfant pourrait simuler de telles pratiques avec une peluche, ce qui est à l’évidence inapproprié à cet âge, voire suggère et légitime le fait que l’enfant lui-même pourrait se livrer ou être l’objet d’une telle activité à l’initiative d’un adulte. La mise en scène qui mêle la présentation d’un enfant au regard triste à celle d’objets à la fois hétéroclites et présentés de manière ordonnée, l’ours comme l’enfant étant inclus dans cette scénographie, renforce le caractère indécent de la situation. Le Jury estime que cette mise en scène est de nature à heurter la sensibilité du public et à le choquer en propageant une image de l’enfant qui porte atteinte à sa dignité et à la décence».

 

Deux lanceurs d’alerte – le Dr Florent Godeau et Mr Eric Ramond syndicaliste CGT – ont dénoncé les conséquences du tournage d’une telle campagne sur les enfants concernés. Grâce à leur opiniâtreté, la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale a été saisie et l’inspection du travail a diligenté une enquête sur les conditions d’emploi des enfants pour cette campagne publicitaire. Le Parquet de Paris et la Défenseure des droits ont également été alertés .

 

Mais il ne semble pas y avoir eu de suite. L’absence de réaction forte des pouvoirs publics interroge sur la volonté de prendre des mesures réellement efficaces pour protéger les enfants de la pédocriminalité. La liberté artistique a de justes limites et ne peut servir de prétexte pour violer la dignité des enfants. L’exploitation de leur image pour alimenter les fantasmes d’adultes avec des visuels de l’univers sexuel BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme) contribue gravement à entretenir l’idée que la relation sexuelle avec le petit enfant est possible.

 

C’est la raison pour laquelle il apparaît indispensable que les moyens soient mis en œuvre pour protéger les enfants exploités dans cette campagne. Un examen médical, une évaluation de leur situation et de leurs conditions d’emploi dans cette campagne doivent être vérifiés.

 

Constatant que le nécessaire n’a pas été fait, Juristes pour l’enfance a donc repris les initiatives précédentes pour demander qu’une enquête pénale, et à tout le moins sociale, soit effectuée afin d’assurer la protection des enfants concernés.

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