Chronique du 19 octobre 2026, à écouter sur radio Espérance ICI
Chers amis auditeurs, bonjour, bienvenue dans la chronique des Juristes pour l’enfance, Et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Olivia Sarton.
A l’heure où tant de parents se sentent démunis face à l’omniprésence des écrans dans la vie de leurs enfants et sont souvent effarés par les conséquences engendrées, il devient réellement urgent de mettre en place une mesure vraiment efficace pour garantir la protection des mineurs et l’épanouissement harmonieux de leur personnalité.
Nous l’avons déjà dit sur cette radio, et nous le redisons à nouveau, la difficulté ne se situe pas au niveau de la seule fréquentation des réseaux sociaux ; c’est plus largement la détention et l’usage incessant d’un objet connecté en permanence à internet, aujourd’hui principalement un smartphone, qui nuisent à la santé physique et mentale des mineurs, à leur développement corporel et intellectuel et à leur épanouissement.
Les solutions envisagées jusqu’à maintenant pour mettre un frein à cette utilisation quasi-continue des smartphones ont montré leur limite : les dispositifs de contrôle parentaux peinent à remplir leur objectif, soit que les parents ne savent pas comment les utiliser, soit que les mineurs trouvent facilement des solutions de contournement. Quant à l’école qui, selon l’article L. 312-9 du Code de l’éducation, devrait former les élèves à l’utilisation responsable des outils et ressources numériques et sensibiliser chaque année les parents sur les temps d’utilisation des écrans, elle ne cesse d’amplifier l leur usage que ce soit par la surutilisation des ENT (espaces numériques de travail) et logiciels de vie scolaire ou carrément en imposant aux collégiens la détention et l’utilisation quotidienne de tablettes pour le cursus scolaire.
Les dégâts liés à l’utilisation trop précoce et à la surutilisation des écrans, ainsi qu’à l’accès sans limite à internet, sont multiples : dégradation de la capacité physique, dette de sommeil, troubles des interactions, de l’attention, intolérance à l’attente et à la frustration, mauvaise gestion des émotions et du contrôle de soi, phobie sociale ou autres troubles de la relation, accès à des sites aux contenus nocifs ou illicites, commission d’infractions multiples dont les mineurs sont soit auteurs, soit victimes, cyberharcèlement etc.
Nous avons tous sous les yeux en permanence les effets délétères de l’exposition des enfants à un mode de vie numérique.
Il est urgent d’agir en cessant de se concentrer sur les réseaux sociaux car demain, le risque majeur pour les mineurs ne sera certainement plus cette utilisation des réseaux sociaux sur un smartphone, mais plutôt le déploiement de l’intelligence artificielle accessible sur des lunettes connectées qui seront en quelque sorte quasi-greffées sur tout un chacun.
Nous appelons les décideurs politiques à réagir par une mesure simple et facile à mettre en œuvre qui consiste à repousser la détention d’un smartphone ou autre objet connecté jusqu’à un seuil d’âge critique.
Il faut adopter une loi qui interdise la vente, l’offre et la cession d’objets connectés aux mineurs de moins de 16 ans, de la même manière qu’est interdite la vente ou l’offre gratuite de certains biens et produits à un mineur (alcool, tabac, produits de vapotage, jeux d’argent et de hasard, protoxyde d’azote, etc.). La protection de la santé et de la vie des mineurs de 16 ans constituent des motifs légitimes pour justifier les restrictions qui devraient être apportées à la libre circulation des objets connectés. Par ailleurs, le seuil d’âge de 16 ans est cohérent avec de nombreuses dispositions de la loi française qui le retiennent comme une étape vers l’autonomisation du mineur ou sa responsabilisation.
Chers amis auditeurs, nous vous invitons à prendre connaissance sur notre site www.juristespourlenfance.com de la proposition de loi que nous avons adressée au Parlement et à quelques membres du gouvernement. Et surtout, après l’avoir lue, parlez-en à vos députés pour que cette mesure de bon sens soit adoptée au Parlement.
A la semaine prochaine !
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Et le droit dans tout ça ?
Une chronique de Juristes pour l’enfance présentée chaque lundi sur Radio Espérance, par Olivia Sarton, Matthieu le Tourneur, Aude Mirkovic et Aurélie Garand, à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)
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