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Et le droit dans tout ça ? 8 mai 2020 Bébés GPA victimes du marché

Table des matières

Et le droit dans tout ça? Une émission présentée  par Aude Mirkovic et Olivia Sarton.

Radio Espérance le 8 mai 2020

A écouter sur Radio Espérance

ou à lire ci-dessous!

Chers amis auditeurs,

Aujourd’hui je vais vous parler à nouveau de Gestation pour autrui, la GPA.

En effet, depuis plusieurs semaines maintenant, les médias publient régulièrement des interviews ou des reportages sur des français qui ont conclu il y a plus de 9 mois des contrats de GPA à l’autre bout du monde, et notamment en Ukraine. Ils avaient prévu de se rendre dans ces pays étrangers pour récupérer l’enfant à sa naissance et voilà que la fermeture des frontières les bloque en France, pendant que des bébés se retrouvent à leur naissance alignés dans des berceaux, avec des soins dispensé à heures régulière par des puéricultrices. Ces bébés sont privés de prénom et nom, privés de nationalité, et surtout privés de l’amour d’une maman et d’un papa.

Alors, évidemment nous sommes tous saisis d’émotion devant ces situations. Oui, mais où est la justice dans ces tristes affaires ?

« L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible » écrivait Bernanos en 1936.
Autre temps, autre circonstance, mais le constat est le même. Cœur dur et tripe sensible privent l’homme moderne de ses capacités de raisonnement. Il détourne les concepts et vide les mots de leur sens : l’homme moderne parle d’humanité et d’intérêt de l’enfant, pour justifier des processus qui sont assis depuis leur commencement sur l’exploitation de la misère humaine et sur le trafic d’êtres humains. L’homme contemporain se noie dans une obsession victimaire, caractérisée par « du ressentiment, des jérémiades sans fin, un médiocre apitoiement », pour des adultes présentées comme victimes.

Quel tour de passe-passe de se faire considérer comme une victime alors qu’on viole une loi française protégeant la non-marchandisation du corps humain et l’indisponibilité de l’état des personnes !
N’oublions pas qu’ils ont exploité une situation de détresse qui conduit une femme à accepter de porter un enfant, moyennant rémunération, pour l’abandonner à sa naissance.
N’oublions pas qu’ils ont froidement programmé l’abandon de cet enfant par sa mère, niant les liens tissés in utero et le traumatisme de l’abandon.

Dans une interview télévisée, une femme a exprimé sa crainte de voir un tiers s’approprier le bébé qu’elle a commandé en Ukraine. Cette hypothèse nous permet d’entrevoir les catégories juridiques de la GPA ; si l’enfant est placé à la pouponnière sans état-civil à sa naissance et qu’un ukrainien décidait de l’adopter, quel droit pourrait faire valoir la femme française ? Brandir sa volonté d’être le parent de cet enfant ? L’ukrainien pourrait faire valoir une volonté égale d’avoir l’intention d’être le parent de cet enfant. La femme française serait bien obligée alors d’arguer du fait qu’elle a commandé ce bébé par contrat auprès d’une agence spécialisée et qu’elle a payé pour se voir livrer ce bébé.

Commandé ? Un contrat ? Payé ? Mais alors, ce bébé n’est donc qu’une marchandise comme une autre ? Oui, c’est bien cela la réalité de la GPA.
Traités comme des marchandises, privés des droits humains fondamentaux, ces bébés sont les vraies victimes de ces sordides marchés.
Après avoir été vendus et abandonnés, ils vont désormais rester plusieurs semaines sans l’affection et l’amour indispensables à leur croissance. Si cela entraîne des conséquences irrémédiables sur leur développement, que vont faire leurs commanditaires ? Refuser la réception de l’enfant qui n’est plus conforme au cahier des charges d’origine ?

La puissance du lobby pro GPA assure une couverture médiatique de première importance aux français qui se sont rendus coupables de ces injustices. Alors je vous invite à vous lever pour lutter contre ces injustices : écrivez aux journaux qui se font les relais complaisants de ces injustices, écrivez au Ministre de la Justice, des Affaires étrangères, au Président de la République pour les mettre face à leurs responsabilités : vont-ils enfin, protéger les droits des plus fragiles d’entre nous que sont les enfants, cesser d’être les complices de ces trafics d’êtres humains en refusant la transcription d’état-civil sauf à la demande de l’enfant devenu majeur, et en adoptant des mesures pénales pour sanctionner les contrevenants français ?

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