Chronique du 12 octobre 2026, à écouter sur radio Espérance ICI
Chers amis auditeurs, bonjour, bienvenue dans la chronique des Juristes pour l’enfance, Et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Olivia Sarton.
Les dix derniers jours ont vu l’escalade d’un conflit dur et qui semble bien enkysté au sujet de l’état de l’enseignement public dans notre beau pays.
Si l’ampleur prise par la contestation n’était sans doute pas attendue, la cause de la contestation soit l’état grave voire catastrophique de l’enseignement public n’est pas une surprise.
En témoigne l’exode toujours plus nombreux d’élèves et d’enseignants du public qui font des pieds et des mains pour rejoindre un établissement scolaire privé sous contrat afin de bénéficier de meilleures conditions d’enseignement ou de travail.
Or cet exode ne se fait au bénéfice ni du public ni du privé sous contrat, au contraire. En effet, ceux qui fuient le public rejoignent le privé par défaut. Ils ne partagent pas le caractère propre des établissements privés, voire parfois ils y sont tout à fait hostiles. Et dans ce cas, une fois qu’ils ont montré patte blanche pour être admis, ils s’emploient à faire disparaître ce caractère propre qui ne leur sied pas. En particulier, dans l’enseignement catholique privé sous contrat, ils s’acharnent à vouloir faire disparaître la religion de l’éducation, contestant les diverses propositions comme l’innocente bénédiction des cartables ou la courte prière de début de classe pour le parent malade d’un camarade. Ils refusent même les cours de culture religieuse qui ne consacreraient pas à chaque religion un même volume d’heures.
On voit donc que la débâcle de l’enseignement public touche toutes les familles : elle touche celles dont les enfants dans le public n’ont pas la qualité de scolarisation auxquels ils ont droit. Elle touche celles qui voudraient scolariser leurs enfants dans le public mais qui se réfugient dans le privé par défaut. Et elle touche les familles qui souhaitent un enseignement privé qui honore toutes les dimensions de l’être humain y compris la dimension spirituelle, et qui n’y ont plus accès dans l’enseignement privé sous contrat empêché d’exprimer son caractère propre par ceux qui le choisissent par défaut.
Il est donc urgent de retrouver en France un enseignement public de qualité. Une partie non négligeable des effectifs actuels du privé repartira alors dans le public ? Ce sera une bonne chose car tous retrouveront alors la part juste qui leur est dû.
Dernière réflexion pour aujourd’hui : il est très dommageable pour notre démocratie que la violence qui se déploie à l’occasion des manifestations lycéennes et étudiantes de ces derniers jours semble avoir été l’élément décidant le gouvernement à entendre les revendications. Si ces manifestations avaient gardé le caractère pacifique qu’ont eu par exemple celles organisées pour défendre la fin de vie, auraient-elles eu le même écho auprès des décideurs publics ? Le gouvernement se rend-il compte que le signal envoyé semble être qu’il faut casser et dégrader pour être écoutés ?
Devant cette situation préoccupante, nous pouvons nous rappeler avec gratitude des paroles de Léon XIV qui appelle à une « paix désarmée et désarmante » et qui lors de son voyage en France a rappelé qu’une « juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation, mais à travailler pour que l’État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun, pour que le monde ait la vie. »
A la semaine prochaine !
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Et le droit dans tout ça ?
Une chronique de Juristes pour l’enfance présentée chaque lundi sur Radio Espérance, par Olivia Sarton, Matthieu le Tourneur, Aude Mirkovic et Aurélie Garand, à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)
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