Chronique du 27 avril 2026, à écouter sur radio Espérance ICI
Chers amis auditeurs, bonjour, bienvenue dans la chronique des Juristes pour l’enfance, Et le droit dans tout ça, présentée aujourd’hui par Olivia Sarton.
Chaque mois apporte son rebondissement dans le sujet épineux de la prise en charge des enfants en questionnement de genre.
Cette fois-ci, il s’agit de la publication il y a quelques jours des résultats d’une étude de grande envergure menée par une équipe finlandaise spécialisée sous la conduite du Pr Kaltiala. L’étude couvre 25 années de recueil de données scientifiques et médicales et de suivi de plus de 2 000 personnes de moins de 23 ans questionnant leur genre (et plus de 16 000 personnes dans le groupe témoin apparié).
Elle montre que la prise en charge trans-affirmative, c’est-à-dire celle qui consiste à administrer des bloqueurs de puberté et des hormones du sexe opposé, voire à réaliser des interventions chirurgicales définitives, ne soulage pas la souffrance des jeunes et n’améliore pas leur santé mentale. Au contraire, la morbidité psychiatrique fait un bond chez les adolescents ayant subi une ou plusieurs opérations dites de réassignation sexuelle, celles qui visent à conformer le corps à l’apparence du corps du sexe opposé. La morbidité psychiatrique passe ainsi « de 9,8 % à 60,7 % pour les réassignations féminisantes et de 21,6 % à 54,5 % pour les réassignations masculines. Après ajustement pour les traitements psychiatriques antérieurs, tous les adolescents orientés pour changement de genre présentaient des risques de morbidité psychiatrique élevés, avec des rapports de risque environ trois fois supérieurs à ceux des témoins féminins et cinq fois supérieurs à ceux des témoins masculins. »[1]
Analysant les résultats de cette étude, le pédopsychiatre français Christian Flavigny souligne que la démarche médico-chirurgicale pour les enfants et les jeunes est soit inappropriée, soit prématurée. Il rappelle que « l’approche psycho-affective doit être seule recommandée […] elle démêle la constitution psychique de la sexuation, en associant les parents et leur enfant, sans que ni les parents, ni l’enfant ou l’adolescent, soient tenus pour responsables du désarroi manifesté »[2].
Peu de praticiens en France osent cependant mettre en œuvre une telle approche depuis que la loi dite de thérapie de conversion du 31 janvier 2022 a en quelque sorte érigé une interdiction de proposer des soins de santé mentale questionnant la difficulté pour une personne d’accepter son sexe biologique. Le Code pénal punit en effet désormais de lourdes sanctions « le fait de donner des consultations ou de prescrire des traitements en prétendant pouvoir modifier ou réprimer […] l’identité de genre ».
Mais rien n’est perdu : aux Etats-Unis, la Cour Suprême américaine a jugé le 31 mars 2026 qu’une loi similaire du Colorado portait atteinte à la liberté d’expression, puisqu’elle imposait aux praticiens de santé, en l’espèce il s’agissait d’une psychologue, une prise en charge des petits patients uniquement dans une orientation trans-affirmative[3].
Alors toutes ces bonnes nouvelles venant de l’étranger sauront bien un jour ou l’autre trouver un écho en France. Faisons-les connaître jusqu’à ce que le bon sens revienne ici.
A la semaine prochaine !
………………………………………….
Et le droit dans tout ça ?
Une chronique de Juristes pour l’enfance présentée chaque lundi sur Radio Espérance, par Olivia Sarton, Matthieu le Tourneur et Aude Mirkovic, à 8h, 12h45 et 19h20 (durée 3 minutes)
Retrouvez toutes les chroniques Et le droit dans tout ça ? sur radio Espérance ICI, sur YouTube ICI et sur toutes les plates-formes ICI
[1] S.-M.Ruuska, K.Tuisku, T.Holttinen, and R.Kaltiala, “Psychiatric Morbidity Among Adolescents and Young Adults Who Contacted Specialised Gender Identity Services in Finland in 1996–2019: A Register Study,” Acta Paediatrica (2026): 1–9, https://doi.org/10.1111/apa.70533
[2] Dysmorphie de genre : la vaste étude finlandaise qui établit que les opérations de réassignation sexuelle aggravent l’état psychologique des adolescents, Christian Flavigny, https://atlantico.fr/article/decryptage/dysmorphie-de-genre-la-vaste-etude-finlandaise-qui-etablit-que-les-operations-de-reassignation-sexuelle-aggravent-letat-psychologique-des-adolescents-christian-flavigny
[3] Chiles v. Salazar, executive director of the Colorado Departement of regulatory agencies, 31 mars 2026, https://www.supremecourt.gov/opinions/25pdf/24-539_fd9g.pdf